Rupture d'années vraies
Est-ce de l'eau, est-ce du sang ?
Le liquide s'écoule au creux du dos ;
Lentement caresse, poisseux, collant,
Hémoglobine ou carburant...?
Courbé, cassé, j'éponge ce jus chaud :
La plaie dégoulinante.
Sous ma peau, apparente :
Ma charpente, mes os.
Je le sais, je le sens,
La blessure est profonde ;
La graine était féconde...
Je le savais, pourtant !
Le roncier a poussé le long de ma colonne ;
La douleur est aphone,
J'en suis le cri vivant.
Les racines m'écartèlent :
Les épines, profondément,
Se sont glissées entre mes fibres.
— Déchirer ma chair avec ses dents —
Coutures parallèles...
Vous ne ferez jamais d'enfant.
Plus je tire et plus ça vibre...
Suffira-t-il d'être patient ?